Que pensez-vous de ce rendez-vous et aviez-vous une attente particulière de cet événement ?

Tina Razafinimanana : Youth Connekt Africa est un rendez-vous entre les jeunes les investisseurs et les policy makers. En venant au sommet, je voulais être inspirée et retrouver un nouveau souffle pour donner un nouvel élan aux activités de « Youth First Madagascar » !

Que pensez-vous de ce rendez-vous et aviez-vous une attente particulière de cet événement ?

Tina Razafinimanana : Youth Connekt Africa est un rendez-vous entre les jeunes les investisseurs et les policy makers. En venant au sommet, je voulais être inspirée et retrouver un nouveau souffle pour donner un nouvel élan aux activités de « Youth First Madagascar » !

Harinjaka Ratozamanana : Ce sommet a été pour moi la continuité d’un événement auquel j’avais participé (le “Youth Transform Africa” ) organisé par la Banque Mondiale. Nous avons enfin dépassé les discussions autours des problèmes multiples auxquels le continent est confronté pour enfin aborder les solutions durables et holistiques ainsi que des objectifs clairs. Des solutions réalistes accompagnées d’une stratégie de groupe respectueuse de l’environnement, axées sur la croissance avec la mise en place des infrastructures nécessaires.

Comment avez-vous vécu cet événement ? 

“Si vous voulez voir l’Afrique en mouvement, allez au Rwanda” disait Mar Dieye, directeur du Régional du PNUD.

Tina Razafinimanana : Le Rwanda était le parfait pays pour accueillir cet événement. Ce pays offre un paquet compréhensif pour le développement des jeunes, un environnement des affaires propices, un gouvernement supportif qui a réussi à mettre en place des politiques et programmes effectifs pour les jeunes. Les intervenants triés sur le volet étaient des personnes ressources clés pour chacune des thématiques et le background des participants a rendu chaque échange enrichissant et “maha tonga saina”. Mais par moment j’ai été envahi par la colère et la frustration, car quand on voit le niveau d’émancipation des jeunes d’Afrique on ne peut qu’être révolté quand on repense aux jeunes de Madagascar qui restent privés d’opportunité et de compétences clés.

Harinjaka Ratozamanana : Les entités économiques panafricaines telles que Eco Bank ou la Banque Africaine de Développement ont ​​pris une position financièrement inclusive en proposant des solutions de micro financement aux propriétaires de petites entreprises.

Au-delà des banques, des solutions supplémentaires aux problèmes de financement auxquels sont confrontés de nombreux jeunes entrepreneurs ont été présentées lors du sommet comme le crowdfunding.

Grâce au soutien de ces entités privées, de nos communautés et de notre gouvernement, nous pouvons créer un environnement idéal pour nourrir un écosystème de sociétés collaboratives, d’organisations non gouvernementales et d’entités étatiques qui s’alignent à travers une gamme de partenariats stratégiques et des agendas favorables à la réussite. Ces relations pourraient prendre des formes de franchises coopératives ou sociales selon la dynamique entre les parties concernées.

Le sommet a rassemblé une série de récits de réussites entrepreneuriales sociales. Des histoires comme celle de la culture « Umuganda » favorisée au Rwanda et celles d’ « Umuganda Africa » prouvent que le commerce culturel panafricain peut trouver un succès sociétal et fournir des lignes directrices pour d’autres initiatives respectueuses de l’environnement. Umuganda en traduction signifie « se réunir pour un but commun ». En pratique, c’est l’état d’esprit commun qui oblige tout le monde au Rwanda et dans d’autres pays participants à nettoyer leurs espaces privés et partagés le dernier samedi de chaque mois. Cette action communautaire augmente la valeur de la propriété.

Dans l’exécution numérique, il s’agit de plates-formes utiles comme opportunitydesk.org, opportunitiesforafricans.com et youthworks.africa qui offrent à ceux qui ont accès à Internet des opportunités académiques et des communautés habilitantes. Néamoins, un autre problème a été identifié : celui de l’accès à internet et au nouvelles nouvelles technologies en milieu rural pour une grande partie de la jeunesse malgache soulevé par Mlle Nanou Fiankinana R, représentante du PNUD Madagascar lors de ce sommet.

Le milliardaire chinois Jack Ma parmi les intervenants de marque a fait écho au sentiment des « méchants » industriels, afro-conscients qui ont déclaré que « pour que l’Afrique avance, tout le monde doit avoir accès à Internet ». Nous devons combler cette fracture numérique dès que possible. Il s’agit d’un problème complexe en raison de ses composants d’infrastructure, de coûts et de contenu. Mais, il y a de l’espoir, car la conférence elle-même a accueilli de multiples entreprises de médias qui créent des projets de développement de contenu et de TIC communautaires comme le Coder Dojo Madagascar et ses partenaires qui préparent la jeunesse malgache à l’ère numérique en leur donnant un accès gratuit à Internet, et à l’apprentissage des langages informatique. En outre, nous voyons que la technologie USSD est optimisée et transforme nos marchés localisés grâce à ses capacités transactionnelles (mobile Banking).

Un autre point d’intérêt dans les discours était l’importance de l’agriculture et le futur durable du monde qui pourrait se nourrir en Afrique. des conversations visant à atteindre cet objectif a traversé une large éventail de sujets qui ont pris forme dans des exemples d’excellence tels que FarmDrive. FarmDrive “débloque l’accès au crédit pour les petits agriculteurs” en transformant leurs téléphones portables en points d’exploration de données et en aidant les organismes financiers à atténuer les risques et à fournir des prêts… ainsi que d’autres.

Quels enseignements en avez-vous tiré et qui seraient bénéfiques aux jeunes entrepreneurs malgaches ?

Tina Razafinimanana : THE MONEY IS IN YOU ce que j’ai retenu de tous les interventions, de toutes les échanges que j’ai fait avec d’autres jeunes, c’est qu’on ne peut attendre un super héro pour tout changer. Si vous avez des idées, soyez votre premier investisseur, investissez dans votre savoir-faire, investissez dans votre temps, et entourez-vous de personnes plus compétentes que vous.

Harinjaka Ratozamanana : Le sommet de Youth Connekt à Kigali a présenté beaucoup d’autres dimensions qu’on n’a pas pu citer dans cet article. Nous avons clôturé la conférence avec un sentiment d’espoir croissant pour l’avenir et surtout un nouveau niveau d’attention et d’intention pour les jeunes de Madagascar.

Je retiendrai cet extrait du discours du jeune ministre de la jeunesse et de la nouvelle technologie Rwandais, Jean Philippe Nsengimana :

« Il y a un dicton connu qui dit : Si vous voulez aller vite, allez seul, si vous voulez aller loin, allez ensemble”. J’ai rencontré mes sœurs et mes frères de l’Est, de l’Ouest, du Nord, du Sud et du cœur de l’Afrique. Ensemble, nous avons décidé que cette fois, nous n’allons pas seulement aller loin ensemble, mais nous allons vite aussi. Ce sommet a accueilli les jeunes titans d’Afrique et avec les bénédictions de nos aînés, nous avons choisi de courir plus loin et plus vite que la génération précédente. Nous nous sommes engagés à viser plus haut et à agir plus sagement aussi ». La balle est maintenant dans le camp de nos dirigeants qui prônent depuis un an un développement « inclusif » … qui tiens en compte une jeunesse malgache qui souhaitent faire partie des solutions.

Nos Voandalana : Quelques plateformes utiles à la jeunesse malgache que nous souhaitions partager au plus grand nombre :