Impact Investing : Investir et transformer à Madagascar

– Allier rentabilité financière et impact social

Le jeudi 26 Avril 2018, Juniors Pour Madagascar a organisé une conférence sur le thème de l’impact investing à l’espace Bernanos, à Paris. Plusieurs intervenants se sont exprimés sur ce sujet passionnant. On a pu noter la présence d’Emmanuel Cotsoyannis, Directeur Général de Miarakap, un nouveau fonds d’investissement à Madagascar, d’Aina Rakotoarisoa, Investisseur Ex- Citizen capital, de Nicolas Métro, Entrepreneur social et Fondateur de Kinomé, une entreprise spécialisée dans la valorisation des forêts ainsi que Tsilavina Andriamisaina, Conseiller financier et Senior Manager auprès du cabinet KPMG.

Si cette conférence a été orientée sur l’investissement à impact à Madagascar comme vecteur de transformation et facteur de développement du pays, le concept d’Impact Investing a pu y être développé et ne s’est pas limité au seul cadre de Madagascar.

                                            

« Ce n’est pas de la philanthropie »

La conférence a tout d’abord débuté par une définition de l’investissement à impact. S’il n’existe pas de définition précise, Tsilavina s’est attelé à la tâche en définissant le concept comme étant « un investissement qui consiste à résoudre ou tenter de corriger des problématiques sociétales identifiées et en retirer un retour financier ». En effet, l’investissement à impact « ce n’est pas de la philanthropie » a évoqué Nicolas. « Il ne s’agit pas non plus d’imposer des projets, mais de réellement comprendre les demandes et besoins des populations cibles » a ajouté ce dernier. L’investissement à impact doit donc apporter des solutions à un problème identifié au sein d’une société.

                      

« Il faut une vision stratégique claire »

Mais qu’est-ce qui fait alors le succès d’une entreprise à impact social ? Il n’existe pas de formule magique, mais tous ont évoqué l’importance de la présence locale pour une bonne compréhension du marché et de l’environnement. A cela doit s’ajouter une vision sur le long terme. Tsilavina a ainsi pris l’exemple des entreprises familiales : « les entreprises qui réussissent le mieux à Madagascar, sont les entreprises familiales où l’on pense aux générations futures ». Nicolas a ajouté que « l’impact créé doit être durable à partir d’un élan partagé : améliorer sa vie et celle des autres ».

Aina a quant à elle mis l’accent sur les qualités indispensables d’un bon entrepreneur. Seulement moins d’1% des dossiers reçus par les fonds arrivent à des décisions d’investissement. Il faut donc que l’entrepreneur réussisse à convaincre, « il doit avoir une vision stratégique claire ». Elle a ensuite ajouté, « un bon entrepreneur, c’est celui qui a connu l’échec et qui s’est relevé ».

Emmanuel a évoqué l’importance de l’adaptation « le bon entrepreneur est celui qui arrive à travailler peu importe les circonstances. C’est celui qui est prêt à se formaliser, avec des compétences techniques et qui a compris les difficultés et les problèmes de son business model, il faut être capable de régler des problèmes en permanence ».

Pour résumer, la présence locale, la vision stratégique sur le long terme, la compréhension de son modèle économique et de son marché et la capacité à s’adapter à tous les problèmes sont les éléments nécessaires et indispensables pour un entrepreneur.

« Les pays se sont développés car les entreprises ont émergé »

C’est le mot « impact » qui est au cœur de l’impact investing. Les entrepreneurs que l’on évoque ici sont alors des personnes qui se donnent une mission et qui regardent leur activité de manière holistique en considérant l’impact dans sa globalité. « C’est l’idée que les entreprises ont aussi un rôle à jouer dans les réponses aux différents enjeux » a défendu Aina.

Pour Emmanuel, « l’entreprise doit jouer un rôle dans le développement des sociétés. Les pays se sont développés car les entreprises ont émergé et ont amélioré la vie des gens ». Ce dernier a mis l’accent sur la formalisation « un pays ne se développera jamais si seulement, moins de 5% de sa population est salariée du secteur formel ». En effet, l’entreprise formelle permet aux gens de sortir de l’extrême vulnérabilité.

 

                

« Développer Madagascar n’est pas un choix »

Ce que l’on peut retenir de cette conférence est le rôle important de l’investissement à impact et des entreprises à fort impact social dans le développement. L’entrepreneuriat fait partie des moyens que l’on peut utiliser pour développer un pays et cela constitue la vision de Juniors Pour Madagascar. Et comme Emmanuel l’a très bien expliqué, développer Madagascar n’est pas un choix.

Dans tout cela, la diaspora a sa place. Comme évoqué par Tsilavina « le fait de quitter le pays permet d’avoir un certain savoir-faire, une ouverture d’esprit qui permettra de créer des entreprises leaders. »

Si vous aussi vous pensez que l’entrepreneuriat est un facteur de développement du pays, rejoignez Juniors Pour Madagascar et venez assister à notre prochaine conférence sur les entrepreneurs et les banques à Madagascar, le Mardi 29 mai 2018 à l’espace Bernanos. Créons ensemble, une nouvelle génération d’entrepreneurs pour Madagascar !

Article rédigé par Mahery Rakotoasimbola