Comment la diaspora peut-elle s’engager pour Madagascar ?

Comment la diaspora peut-elle s’engager pour Madagascar ?

Comment la diaspora peut-elle s’engager pour Madagascar ?


Le 09 janvier dernier s’est tenu à l’espace Bernanos, la première conférence de l’année co-organisée par Zama et Juniors pour Madagascar sur le thème de l’engagement pour Madagascar. 4 femmes malgaches étaient à l’honneur pour cette conférence :

  • Miako Rasolondraibe, présidente et fondatrice de Madagascar Will Rise
  • Zina Raveloson, présidente d’honneur de Juniors Pour Madagascar
  • Aina Kuric, députée de la République Française
  • Mireille Razafindrakoto, Economiste et chercheur à l’RD-DIAL

Le Larousse définit l’engagement comme « le fait de prendre parti sur les problèmes politiques ou sociaux par son action et ses discours. » Une définition certes englobante mais qui ne peut pas refléter toutes les nuances que chacun accorde à ce concept.  Les 4 femmes de cette conférence aux profils et aux univers différents témoignent de tout ce que pourrait être l’engagement, 4 définitions bien différentes qui se retrouvent toutes autour de l’essentiel : l’attachement et l’espoir pour Madagascar.

[ Mais dis-moi, d’où viens-tu ? ]

Avant de parler de l’engagement pour Madagascar, se pose la question de l’engagement pour un pays. Comment se construit et se manifeste cette cause que nous semblons tous défendre naturellement? La question est d’autant plus complexe pour la diaspora qui a cette particularité de vivre dans un pays, tout en ayant le cœur ailleurs . L’engagement pour son pays est tout d’abord l’acceptation de son identité, sujet qui a été longuement traité lors de cette conférence.

Miako, Zina et Mireille sont nées et ont grandi à Madagascar avant de partir à l’étranger pour leurs études supérieures. Aina de son côté est née et a grandi en France avant de déménager à Madagascar pendant son adolescence pour ensuite de nouveau revenir en France. Miako a rapidement trouvé sa voie et sa passion en ayant le projet de Madagascar Will Rise pendant ses études et est aujourd’hui entre Madagascar et la France pour mener ses projets avec ses équipes. Zina a rejoint JPM après plusieurs années en France avant de se lancer dans la grande aventure de la répartition à Madagascar, Mireille a vécu et travaillé dans plusieurs autres pays tout en menant ses travaux sur Madagascar et Aina poursuit sa carrière politique pour la France en assumant sa double nationalité et sa double culture.

La diaspora a souvent du mal à se sentir légitime de vouloir intervenir dans son pays quand elle n’a pas ce sentiment d’appartenance. Les intervenantes nous montrent que nous avons tous des manières uniques de construire notre identité, de créer et d’entretenir notre lien avec Madagascar après le grand départ. Etre Malgache, ce n’est pas juste le nombre d’années que l’on passé sur place, ce n’est pas juste notre capacité à comprendre ou à parler malgache, et c’est encore moins juste la carte d’identité que l’on porte. S’engager pour Madagascar ne se définit au final qu’à un seul paramètre qui est la force du projet que l’on a pour le pays. L’identité est ce que l’on choisit d’être.

[Et pourquoi t’engages-tu?]

Nous savons tous que Madagascar fait face à plusieurs problématiques et défis. Pourtant, nous savons tous également que les solutions sont là et que chacun à notre niveau nous participer à leur concrétisation. Ces 4 parcours nous montrent qu’il n’y pas d’âge, ni de métier, ni de moments idéaux pour s’engager pour Madagascar. L’engagement, c’est le premier pas pour sortir de l’attentisme et réaliser comme Miako l’a souligné, que si ce n’est pas nous, qui attendons-nous donc pour faire la différence ?

La diaspora aura toujours un rôle à jouer. Comparée aux différents profils qui interviennent aujourd’hui pour le développement de Madagascar, elle connait le pays et elle a un intérêt particulier pour son  développement. Ces deux valeurs ajoutées font que nous avons toutes les compétences pour apporter notre pierre à l’édifice et concrétiser nos actions envers Madagascar. La diaspora et encore plus la jeunesse, peuvent être des créateurs de solutions, pour apporter des idées nouvelles que ça soit à travers les associations, les start-ups, la recherche académique ou l’engagement politique. Nous avons des compétences variées et des domaines d’expertise différents. Chacun peut faire la différence là où il souhaite intervenir.

[Comment donc s’engager ?]

Etre engagé pour Madagascar pour la diaspora c’est avoir la capacité de mener des vies parallèles car la question du temps se pose à tous, souvent vécu comme un obstacle à l’action. Comment trouver du temps pour s’engager alors que nous avons déjà une activité étudiante ou salariée ? Zina nous montre l’exemple en expliquant qu’avoir été présidente de JPM pendant 3 ans, tout en menant sa vie professionnelle n’a pas toujours été facile. Nos journées ne durent pas 60 heures et nous n’avons pas le temps de tout faire. Mais avoir une activité qui nous tient à cœur, nous permet de trouver l’énergie et les ressources nécessaires pour nous dépasser.

« Seul on va vite, ensemble on va plus loin » – ou la version malgache « Un seul arbre ne fait pas une forêt », nous rappelle aussi un aspect important de la réussite de l’engagement : le travail d’équipe. Les rencontres que nous faisons peuvent ouvrir de nouvelles opportunités, permettre de créer un groupe, créer une vision commune, partager des objectifs et appuyer la réalisation de projets communs. Travailler avec d’autres nous permet aussi d’accompagner des personnes dans leur développement personnel et d’être des mentors dans leurs projets pour Madagascar, comme le fait Madagascar Will Rise sur la création de ces divers pôles à l’initiative des bénévoles.

[… Et de là, où allons-nous ?]

Au-delà des résultats concrets que nous pouvons avoir immédiatement après l’implémentation de nos actions, il faut aussi voir l’engagement sur le long-terme, et comprendre que nos actions aujourd’hui pourraient n’avoir des résultats que dans 10 ou dans 15 ans, et avoir le courage de continuer tout de même.

Dans cette course de fond, la communauté de la diaspora a son rôle à jouer pour montrer l’exemple, pour motiver et pour continuer à inspirer. Les 4 femmes présentes à cette conférence nous montrent que réussir à s’engager et avoir de l’impact pour Madagascar est possible, de là où nous sommes, à partir de nos compétences et de notre histoire personnelle. Et elles ne sont pas seules, des centaines d’autres Malgaches en France et partout dans le monde s’engagent pour le pays. Nous devons montrer les projets qui réussissent, raconter leurs histoires et soutenir leurs actions. Nous devons changer le discours sur la diaspora et montrer les dynamiques et les succès des actions qui sont déjà menées.

L’engagement de la diaspora peut être vue comme la construction d’une maison, chacun en étant un élément. Mireille souligne l’importance de pouvoir unir les actions de la diaspora et faire en sorte que nous allions dans la même direction. La force d’une communauté réside dans son action collective. Cette construction collective prendra certes du temps va contre notre volonté de vouloir les résultats immédiats pour chacune de nos actions, mais elle nécessaire pour créer un vrai changement.

 

Rédigé par Aina Andremanisa

« Promouvoir le patrimoine culinaire malgache » ou 4 conseils pour faire du « Made in Madagascar » un label de qualité et de savoir-faire

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« Promouvoir le patrimoine culinaire malgache » ou 4 conseils pour faire du « Made in Madagascar » un label de qualité et de savoir-faire


Le 21 décembre, l’année 2018 se concluait pour Juniors pour Madagascar par une conférence sur la promotion du patrimoine culinaire malgache au théâtre de la Traversière.

Aujourd’hui, jouer sur la carte de la production locale à Madagascar peut être vu comme un signe de prestige reconnu sur le marché international pour sa diversité et la qualité de ses matières premières, mais il peut également être considéré comme la marque d’un produit qui n’est pas aux attentes des exigences. C’est une réalité connue des entrepreneurs à Madagascar, où le secteur agricole reste le principal moteur de l’économie. Peu pourtant, arrivent à briller sur la scène internationale. Comment préserver le prestige du produit tout en assurant la qualité de sa production et transmettre cette culture d’exigence aux jeunes entrepreneurs ? Telles sont les questions auxquelles les intervenants à la table ronde ont tenté de répondre.

Cette table ronde incluait :

Alexia Rabearivelo Ramandraibe pour la Chocolaterie Robert, la famille Rabefahiry pour Voany spécialisé dans la transformation du moringa et Thibaut Lugagne-Delpon pour la Compagnie du Miel, et était modérée par Tahiana Luc Ratsimbazafy, bloggeur culinaire diplômé de l’Institut Paul Bocuse. Les échanges et leur partage d’expériences ont permis de ressortir 4 conseils aux entrepreneurs qui souhaitent se lancer sur le marché de la valorisation et de l’exportation de produits alimentaires.

La qualité du produit et son adéquation avec le marché visé 

Vendre un produit à l’international nécessite une compréhension des goûts et des exigences spécifiques de son marché cible. En effet, les besoins de la clientèle malgache sont, en général, connus et maitrisés par la plupart des producteurs. En revanche, l’exportation requiert d’avoir compris les besoins spécifiques de sa clientèle internationale. Ainsi, il est important de bien les étudier et surtout d’adapter le produit à ces exigences.

La Chocolaterie Robert est allée en profondeur dans cette démarche, en ne créant pas juste des produits exclusifs pour l’exportation mais une nouvelle marque afin d’adapter son positionnement à ceux des concurrents à l’international. Le respect des réglementations est une autre condition sine qua none de la validation du produit à l’exportation. L’accès à un marché extérieur doit respecter les normes en vigueur dans ce pays, une validation juridique difficile qui est souvent mal anticipée par les entrepreneurs. Tous les acteurs s’accordent à dire que l’assurance de la bonne qualité du produit est la première priorité pour l’accès à un marché, qu’il soit d’ailleurs national ou international. La reconnaissance de cette qualité notamment à travers des prix et des récompenses, gage de savoir-faire, ouvrira ensuite de nouvelles opportunités et de nouveaux marchés. 

L’importance de la formation pour assurer la constance de qualité du produit 

Avoir un produit de bonne qualité est un premier pas, le vrai défi qui permettra de faire la différence entre les entreprises qui vont réussir et celles qui vont échouer est la constance de cette qualité sur le long-terme. Chaque acteur présent à cette table ronde a investi dans la formation continue de leurs collaborateurs. La Compagnie du Miel souligne d’ailleurs cette envie de formation, assez spécifique à Madagascar, qui permet non seulement d’améliorer les compétences des collaborateurs, mais aussi de les motiver dans leur travail. Voany a opté pour une autre stratégie qui est celle du partage d’expériences et de compétences avec leurs concurrents, qui font face aux mêmes problèmes afin de trouver ensemble des solutions. La mise en valeur du savoir-faire malgache est le secret pour assurer la constance de la qualité de la production. C’est un investissement sur le long-terme qui requiert de la patience afin de réussir sa conduite du changement.

Le choix du distributeur 

Qui dit nouveau marché à cibler dit forcément nouveaux distributeurs à trouver. Le choix du distributeur à l’exportation revêt une importance capitale car il peut conduire toute la stratégie de commercialisation et de marketing du produit. Dans le cas de Voany et la Compagnie du Miel, le choix du distributeur a défini le positionnement du produit. Voany, en optant notamment pour les réseaux de pharmacie, se positionne sur la filière de la santé ; Compagnie du miel a opté pour le segment du miel exotique sur le marché de l’épicerie fine. Des choix pas anodins qui leur ont permis de se différencier des acteurs déjà présents et installés sur le marché sur lequel ils sont les nouveaux entrants. 

La sécurisation de la chaine de production 

De la plantation à la vente au consommateur final en passant par la transformation et le transport de la marchandise, on ne le dira jamais assez mais il faut maitriser chaque étape. La réussite de l’exportation passe aussi par la fluidité des process mis en place. Le contrôle de toute la chaine permet de maitriser les exigences de qualité et réduire les aléas mais cette situation idéale est difficile à atteindre pour les nouveaux entrepreneurs. La sécurisation de la chaine de production passe alors par le choix des partenaires avec qui travailler et des niveaux d’exigence partagés. Pour les nouveaux entrepreneurs, la maitrise totale de la chaine de production sans autres partenaires, ne peut se faire que petit à petit, il ne doit pas pour autant être un frein pour se lancer.

Pour convaincre son marché, le produit doit répondre à un vrai problème et porter des valeurs authentiques. Par ailleurs, l’entrepreneuriat n’est pas un chemin facile mais le parcourir en sachant pourquoi on le fait, permettra à chacun d’affronter les obstacles qui ne manqueront pas de se présenter.

Madagascar regorge d’opportunités et produits agricoles qui peuvent être mieux mis en valeur sur le marché international. Ces acteurs ont fait le pari de cette aventure et Juniors pour Madagascar espère qu’ils ne seront pas les seuls à s’y lancer.

La présentation en fin de soirée du livre de recettes Riz debout et la démonstration culinaire de la talentueuse Cyrène Randrianasolo ont fini de nous convaincre sur l’incroyable patrimoine culinaire de Madagascar et du rôle que chaque membre de la diaspora peut jouer dans sa promotion.

 

 

Rédigé par Aina Andremanisa

Les membres du bureau JPM 2019

Les membres du bureau JPM 2019

Miora RAHARIRIAKA, Présidente JPM 2019

Quand on trouve une association qui partage nos valeurs et qui nous apporte plus que ce que l’on donne, on s’engage. JPM m’apprend et me fait évoluer tout en me donnant l’opportunité d’être acteur : un acteur de l’ascension économique de Madagascar. Parce que nous sommes tous voués à laisser notre empreinte.

 

Tiavina RANDRIANARIVONY, Vice-Président JPM 2019

Je remercie Juniors Pour Madagascar pour leur impact à travers les évènements, des moments inspirants qui nous offrent un regard nouveau sur l’entrepreneuriat et Madagascar. Réussir à nous transmettre l’envie et la volonté d’entreprendre, de vouloir se surpasser à agir pour notre pays. C’est ainsi que j’ai intégré le bureau pour pouvoir à mon tour impacter et transmettre cette vision qui anime JPM.

Antsa RAZANAKOLONA, Secrétaire Général  JPM 2019

Je veux faire partie de cette jeunesse malgache qui s’engage, et je souhaite participer au rayonnement de Madagascar à mon échelle par l’entrepreneuriat. Intégrer JPM est pour moi une manière de redécouvrir Madagascar et de se redécouvrir soi-même.

Notre ambition pour JPM est de devenir le carrefour international des entrepreneurs pour Madagascar.

 

Aina ANDREMANISA, Secrétaire Général adjoint JPM 2019

Je suis convaincue des opportunités et potentiels de la jeunesse de la diaspora dans le développement de Madagascar. Juniors pour Madagascar est avant tout le partage de ces valeurs à travers l’entrepreneuriat. Je m’engage aujourd’hui afin de changer la vision de chacun sur ce pays et construire ensemble les projets qui nous animent.

 

Dina RAZAFINDRANTO, Trésorier adjoint JPM 2019

JPM est l’endroit parfait pour rencontrer des personnes motivées avec un but commun – inspirer et accompagner une génération qui souhaite entreprendre. Chez JPM, nous défendons cet esprit d’initiative et nous mettons en œuvre des dispositions pour permettre aux jeunes d’échanger, de se former et de concrétiser leur projet. Osons être acteur du mouvement !

 

 

 

 

Raphael RAMAHOLIMIHASO, Trésorier JPM 2019

Intimement convaincu par la mission de Juniors Pour Madagascar, je souhaite contribuer à faire émerger des entrepreneurs qui répondront aux grands défis du pays. Make Madagascar a start-up nation !

 

 

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Ils ont sauté le pas, soutenons-les

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Découvrez Lilia Ratefiarivony, fondatrice et manager d’Ivana Madagascar ainsi que Lucas Rakotoniaina, chargé d’affaires pour Ivana à Paris.

Entrepreneuse déterminée et ambitieuse, Lilia souhaite accompagner les membres de la diaspora malgache souhaitant investir dans l’immobilier à Madagascar, pour leur retraite ou pour un rendement locatif.

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Fondée par deux jeunes entrepreneures, Fitia et Andrianina Randriamifidimanana, PokPok Madagascar est une marque de prêt-à-porter et accessoires qui propose des pièces entièrement fait-main alliant techniques traditionnelles et créations contemporaines. Découvrez le portrait vidéo des deux créatrices et leurs conseils pour vous lancer. 

Vidéo réalisée par Kara Kory, le site de ventes éphémère des créateurs malgaches.